Quand on vit des choses moins amusantes… Vaut mieux en rire!

Archives de décembre, 2010

L’école

Vendredi passé, c’étais la remise des bulletins. Je devais aussi rencontrer l’enseignante de Émile, pour la rencontre  »de routine ». Comme ça tombait une journée pédagogique, l’école était anormalement paisible. Bref, on s’entendait presque respirer.

Je me présentes au secrétariat une dizaine de minutes à l’avance. Cela semble complètement déboussoler la secrétaire qui doit être plus habituée aux parents retardataires que l’inverse. Je l’assures que je saurai patienter sagement, sans trop la déranger. Après seulement dix minutes de contemplation des collages d’enfants sur le mur devant la chaise décatie qui m’a été assignée comme poste d’attente, je suis appelée à me rendre dans la salle de classe de mon fiston, ou l’enseignante m’attends.

J’emprunte un escalier typique des écoles primaires datant du début du siècle. Et non, je ne parles pas ici du 21 eme siècle. Les marches, conçues pour des enfants sont très basses, on doit faire des demi-pas pour passer d’une marche à l’autre. Je remarques avec amusement qu’elles sont beaucoup plus usées sur les côtés, là ou des milliers d’enfants les ont gravies, s’accrochant aux rampes pour ne pas tomber. Je ne peux m’empêcher de me demander combien de petits pieds devront encore les fouler avant qu’elles ne soient complètement usées. Mes yeux se déplacent vers les murs jaunâtres qui furent de couleur blanche dans une période datant fort probablement d’avant ma naissance. Il y a quelques dessins et protos d’enfants pour toute décoration.

J’arrive dans la couloir du premier étage, là ou se trouve la salle de classe de Émile. J’y trouve des rangées de casiers, décorées des dessins et des noms des enfants qui les ont adoptés pour l’année. Entre chaque rangée de casiers se trouve la porte d’entrée d’une salle de classe. Elles sont toutes semblables, à la différence du matériel pédagogique affiché sur le mur, des dessins d’enfants et de la disposition des pupitres. Certains sont en rangées, d’autres en rond, d’autres, en duos. Toutes les classes sont munies de deux grands tableaux noirs, recouverts d’une mince couche de craie. Ça sent l’école. Il y règne un mélange d’ordre et de pagaille, un peu comme dans la chambre des enfants, quand ils ont fini de faire le ménage.

Nous y voilà, la classe de Émile. Je cherche son petit pupitre. Il ressemble à celui de tous ses amis, ni plus propre, ni plus sale. Je constate qu’il a changé de place depuis ma première visite de l’année. Noémie, qui m’accompagne s’asseoit au pupitre de son grand frère pour dessiner tranquillement pendant que je discutes avec l’enseignante.

Elle me remet le bulletin de mon fils qui est, ma foi, très acceptable. Les notes oscillent entre les 80-90% dans toutes les matières. C’est que Émile tient de son père en mathématiques et de sa mère en Français. C’est une grande chance pour lui que ce ne soit pas l’inverse qui se soit produit. La rencontre se termine rapidement, sur une bonne quantité de commentaires élogieux concernant ma progéniture.

Nous décidons, noémie et moi de passer au service de garde de l’école pour voir si Émile est revenu de sa sortie. Comme le corridor se ressemble d’un bout à l’autre, je me mets à la recherche du bon escalier. Je tombes sur un concierge, qui, semble t-il me présumes remplie d’intentions malsaines. Du moins, c’est ce que son ton indique. Il me demande s’il peut m’aider, et avant même que je n’aies réussi à terminer ma phrase confuse, décide que je cherches une salle de classe. Je décides de faire fi de ses conseils, avant qu’une flotte de sentiments négatifs ne m’assaillent, comme à chaque fois que je me retrouve mise en présence de ce type de personne, et décides que l’escalier devant moi est le bon. J’aurai passé pour une folle devant ce concierge, mais j,aurai gardé un peu du décorum requis dans une école, c’est toujours ça de gagné! Bingo! L’escalier choisi est le bon! Même s’il ne s’agit pas du même escalier qu’à l’arrivée, il est en tout points semblable à l’autre.

Je parviens au service de garde, la seule place dans l’école ou la peinture a des couleurs vivantes qui ne datent pas des années 1960. Les gens y semblent aussi moins suspicieux et franchement plus souriants que notre digne représentant de la conciergerie scolaire. Émile n’étant pas revenu de sa fameuse sortie, je quittes cet établissement, non sans jeter un coup d’oeil moqueur aux statuettes de petit garçon et de petite fille, respectivement installées devant les portes d’entrée autrefois indiquée pour chacun des deux genres. Ce symbole souvenir des années ou la religion catholique avait encore un certain pouvoir m’a un jour amenée à une discussion amusante avec Émile. Alors qu’il me demandait pourquoi sur une des portes il était écrit  »fille’, et sur l’autre  »garçon », je lui expliquais que dans l’ancient temps (voire quand ses grands-parents étaient petits, hihihi), l’église ne voulait pas que les garçons et les filles soient ensemble dans la même classe, ni dans la cour d’école. Il en fut très étonné, et me demanda pourquoi. Je bafouillai un peu et lui dit que les curés avaient peur que les garçons et les filles aient envie de donner des becs et de se toucher s’ils étaient trop près l’un de l’autre. Émile me répondit (scandalisé): Han! Ben voyons! Je pense jamais à ça!!!!…..Ça viendra, fiston, ça viendra..

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