Quand on vit des choses moins amusantes… Vaut mieux en rire!

Archives de février, 2010

Débordements

21:30. Après un bon 45 minutes de gossage, les enfant ont finalement compris qu’il était vraiment temps pour eux de sombrer dans un sommeil aussi profond que subit. Oui, vous l’avez deviné; Les nerfs de maman étaient encore une fois sur le point de craquer.

Ceux qui n’ont pas d’enfants ne peuvent que vaguement comprendre jusqu’à quel niveau l’exaspération humaine peut se rendre.  On peut être en colère contre quelqu’un, vouloir l’étriper, en trembler de haine, soit. Cependant, quand c’est contre nos enfants que la colère fait son chemin dans notre tête, nous, parents, subissons une tempête de sentiments; Épuisement moral, honte, exaspération, découragement, impuissance, amour. Oui, amour. Parce que nos petits monstres, on les aime tout le temps, même quand on aurait envie de les mettre au recyclage.

Ceux qui sont des habitués de ce blogue se rappelleront la fois ou Noémie m’a fait le coup de se coincer la tête en bas entre 2 chaises en plein durant ma rencontre avec le cardiologue.  Vivement la tempête de sentiments. Dans ces moments, l’amour n’est pas en liste des sentiments que l’on croit ressentir.  Cependant, sans qu’on s’en rende compte, et surtout avec le recul, ces moment de frustration familiale deviennent des ancedotes que l’on raconte avec tendresse, en riant.  Ah! Cette Noémie! Quel caractère elle a!

Le principal champ d’expertise des enfants dans le domaine de l’exaspération parentale réside dans les crises en public. Quel enfant ne s’est jamais amusé à faire le bacon devant le maudit comptoir à bonbons à l’épicerie? C’est toujours une épreuve pour les parents.  Oui, notre petite peste nous met dans une situation… délicate.  Ce qui se passe dans la tête des parents au moment précis ou l’enfant entame sa crise n’est pas toujours très… catholique. Entre l’envie de changer subtilement de rangée, feignant ignorer qui est cet enfant hystérique, l’envie delui donner une bonne fessée,  ou la tentation d’acheter la paix publique, le choix est difficile. Surtout qu’on doit souvent faire ce choix sous le regard de dizaines de personnes analysant notre comportement, prêts au jugement au moindre signe de défaillance parental.

Il y a quelques années, je parlais justement de ce genre de crises avec une amie qui n’avait pas d’enfants. Elle me disait ne pas comprendre l’indifférence de certains parents devant un bambin qui fait son spectacle de mécontentement public. Maintenant qu’elle est maman, elle comprend bien; Des fois, on est rendus à un tel point qu’il vaut mieux feindre l’indifférence, carrément. Quand l’exaspération, la fatigue, l’écoeurement sont à leur comble, il vaut mieux ignorer les niaiseries de nos enfants que de faire des choses que l’on pourrait regretter… 3 millisecondes plus tard.

Étant personnellement une personne au caractère un tantinet explosif, j’ai souvent crié plus que nécessaire, je l’avoue.  Il est parfois des traits de caractère plus difficiles à changer que d’autres.  J’ai fait le choix de ne pas me culpabiliser de ce défaut, sans l’excuser pour autant. Me connaissant, j’ai décidé de donner les armes nécessaires à mes enfants en cas de débordement émotif maternel. Émile a très bien compris le principe; Quand maman crie trop fort, il me remet à ma place! Ça me ferme le caquet, je me calmes, on s’expliques, on se fait un calin et c’est fini… Jusqu’à la prochaine fois!

Des vacances, svp!

Avec 3 enfants, une fin de semaine de congé (pas d’enfants) apparaît aussi trippante qu’une excursion d’un mois aux ìles Galapagos.  J’exagère peut-être un peu, mais ça vous donne une idée.

Avoir congé de Émile et de Noémie pendant une fin de semaine, c’est assez facile.  Il y a les grands-parents, qui sont toujours heureux de les voir une fois de temps en temps. Maintenant, essayez de trouver quelqu’un pour garder un bébé qui nécessite des soins particuliers, comme Lucas, par exemple.  Exit toutes les personnes qui ne se sentent pas vraiment à l’aise avec un bébé. Exit les gardiennes adolescentes. Exit les personnes qui habitent trop loin de la maison (SI il arrache son tube, on a l’air fin…). Exit toutes les personnes à qui on fait moyennement confiance. Exit les personnes qui ont peur de la pompe à gavage (qui n’a jamais mangé personne, faut-il le préciser).

Bref, la liste des personnes aptes à garder Lucas pour la nuit est assez maigrichonne.  Les grands-parents habitent tous trop loin, les amis sont loin d’être tous à l’aise avec le fameux tube, ceux qui le sont viennent d’avoir un bébé tout neuf, bref, il restait Catherine!

Elle nous a offerts cette douce nuit de repos, sans penser à rien, sans avoir à se lever au beau milieu de la nuit pour arrêter la pompe à gavage. On a pu souper en amoureux, soupirer de bonheur devant ce petit moment rienqu’à nous deux, écouter des films en amoureux, et faire dodo longtemps, longtemps. AAAAAHHHhhhhhhhhhhHHH!!! Le bonheur!

Maintenant, nous voici d’applomb pour un bon… quelques semaines!

Lucas le magnifique!

Je réalise que ça fait longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles de ce cher Lucas… Et ce n’est pas parce qu’il est au beau fixe côté développement, bien au contraire!

Côté motricité, Lucas a mangé pas mal de croûtes. Je m’extasiais il y a quelques mois parce que Lucas s’était mis debout; Maintenant, il fait ses premiers pas! Il arrive à se lever sans se tenir, même si c’est encore un peu… expérimental pour l’instant.  Il fait aussi quelques pas, notamment entre maman et papa, bref, quand il est bien assuré qu’on va le rattraper dans l’éventualité plus que probable oû il tomberait.

Monsieur Lucas parle aussi de plus en plus. Il commence à ébaucher des débuts de phrases, comme:   »veut e bayon » (Veut un ballon). Bref, il a encore besoin d’un décodeur, mais il est de plus en plus clair dans sa prononciation.

Côté médical, ça va bien aussi. On peut maintenant visiter le docteur aux 6 semaines, au lieu d’aux 2 semaines! Mine de rien, ça fait du bien! À la mi-mars, on a rendez-vous a l’hopital, notamment en physio. On va pouvoir mesurer ses derniers développements et mieux voir ou il en est, comparé aux autres enfants de son âge.

À la garderie, il va rester encore un peu à la pouponnière, question de perfectionner ses techniques de marche. Il y a aussi le côté sécurité médicinale qui aide à cette décision. Avec les vacances des éducatrices, on est plus sûrs s’il reste à la pouponnière, car il y a 2 éducatrices en permanance, donc il est assuré d’être avec une  »régulière ».

Il a toujours son fameux tube. Il n’avale toujours pas de bouffe solide, sauf rares exceptions. Il est aussi encore gavé de nuit, alors… Le tube semble là pour un bon moment encore, hélas!

Il se développe de petites habitudes bien à lui:

-Quand on lui met ses gouttes dans les yeux, c’est LUI qui doit les remettre dans le réfrigérateur, sinon, c’est la crise!

-S’il a le malheur de trouver une baloune par terre, il me la met dans la bouche en soufflant. Et pas moyen de refuser! Il est tellement insistant que je finis toujours par céder!

-À la garderie, il fait le pitre pendant les repas. Il prend un air malicieux et crache sa nourriture à tous vents, en regardant autour voir si les autres l’ont vu. Il semble particulièrement fier de lui si ses amis rient de ses niaiseries.

-Quand Émile et Noémie jouent dans la salle de jeux, pas question que Lucas soit en reste! Il se joint toujours volontiers à eux, et il est toujours bien accueilli!

-Quand on sort les bébés rats de la cage, il vient les voir et essaie de les toucher. Il a un peu peur, mais devient tout énervé! Des fois, il les appelle les  »bézo » (oiseaux).  Il lui reste encore quelques concepts à apprendre.

-Pas moyen que papa ou maman ne parle au téléphone sans que Lucas ne pique une crise pour avoir le combiné. Quand nous cédons à sa demande, on peut se considérer chanceux s’il nous fait l’honneur de quelques mots.

-Il s’endort à tous les soirs en serrant son biberon d’eau dans ses bras. En fait, il dort pratiquement SUR son biberon! J’ai dû acheter des biberons anti-fuite, car sinon Lucas se réveille à tout coup dans une mare d’eau!

Bref! Lucas fait des siennes, comme tous les petits bout de choux de son âge. Pour finir sur une note rigolote, une petite trnahce de vie de hier soir:

Lucas jouait avec des biscuits. Mathieu lui dit que les biscuits, c’est pour mettre dans son bedon.  Lucas a alors essayé de mettre les biscuits dans son bedon… en les pressant sur son nombril!

Procrastination

C’est bien connu que les enfants sont les rois de la procrastination.  Ils ont la tête débordante d’imagination, alors c’est tellement facile pour eux d’imaginer que leurs bas sont de petites autos, que leurs bobettes sont un chapeau, ou que la porte de leur chambre est une télévision branchée sur le câble.

Mes enfants, eux, sont professionnels dans ce domaine. Sérieusement, ils pourraient s’ouvrir une école de procrastination et seraient voués à un succès assuré, auprès des enfants, du moins.

Comme parent, on vit aussi d’eau fraîche et de procrastination, mais c’est sous une forme différente. Heureusement, car je ne sais pas trop comment je réagirais si je trouvais mon copain en train de jaser à la porte de la salle de bains avec ses bobettes sur la tête!

Émile est celui de mes enfants qui est le plus atteint du syndrôme procrastinien. Les éducatrices de la garderie ont goûté à sa médecine, ses professeurs à l’école aussi. On me l’a décrit comme un éternel vacancier, comme un petit gars brillant, mais toujours dans la lune.  C’est que Émile trouve le moyen de procrastiner, de lambiner, sur tout. Quand je dis tout, je veux vraiment dire tout… L’habillement, la douche, le pijama, le dodo, partir pour l’école, revenir de l’école, manger, etc. Il serait seul dans le néant qu’il trouverait le moyen de ne pas faire ce qu’il devrait être en train de faire.

Noémie est en train de suivre ses traces. Ça lui prend de plue en plus de temps pour s’habiller, pour manger. Heureusement, elle ne se met pas encore les bas sur les oreilles, les bottes sur la tête (comme quelqu’un que je connais bien).

Vivre avec des enfants procrastineurs, ça signifie de répèter, éternellement, inlassablement les mêmes consignes. On hausse le ton, on boude, rien n’y fait! On est tentés de lâcher prise, mais alors que faire? Emmener fiston en pijama à l’école? Allo la DPJ…  S’acheter une enregistreuse? Ça, j’y ai déjà pensé. Mais je crois que je me tanerais à la longue de toujours m’entendre répéter: Émile_habille_toi_Émile_habille_toi…

Je pense que ma revenge, je la trouverai quand mes enfants seront parents à leur tour… Là, ils verront ce que c’est!

Bye, grand-papa

Mon grand-père est mort la semaine passée. Dans son sommeil, tout doucement.  C’étais pour ainsi dire  le premier contact avec la mort qu’a eu Émile. Je ne parle que de Émile, parce que Noémie et Lucas sont trop jeunes pour le comprendre, pour eux, la mort, ça ne veut pas dire grand chose de concret.

Émile a pleuré, il aimait bien aller voir mon grand-père. Il comprend qu’il ne pourra plus jamais le voir. Il n’a pas voulu venir aux funérailles; Il n’y avait pas d’activités d’organisées, alors c’étais  »plate ».   Effectivement, il aurait trouvé ça plate. Il n’y avait pas d’autres enfants, et les adultes présents auraient de toute façon été plus occupés à leurs retrouvailles qu’à distraire un enfant.

J’ai trouvé ça spécial, les funérailles. Ce ne fut pas un événement triste en soi, loin de là. Ça ressemblait plutôt à des retrouvailles familiales. Ma mère a retrouvé des cousines, il y avait des gens que j’ai vu pour la dernière fois quand j’avais 5 ou 6 ans. On a parlé de mon grand-père, on a mangé des bonbons en son honneur (il y avait toujours un bol de bonbons chez lui; Il aimait bien sucrer le bec de sa visite). Mes cousines Audrey et Doriane ont fait un excellent montage photo qui était présenté sur un écran. Mes parents ont aussi fait défiler sur un écran environ 200 photos, bref, toutes les étapes de la vie de mon grand-père sauf, p-e son enfance.

À la fin, il y a eu la traditionnelle cérémonie. C’étais une cérémonie laique, mais comme la famille de mon grand-père sont plutôt portés sur la religion, on n’a pas pu éviter quelques paroles religieuses ici et là. Dans l’ensemble, la cérémonie était pas si mal, pour ce que c’est. J’avais écrit un petit texte, racontant de bons souvenirs que je garderai de mon grand-père.  Je l’ai lu en avant, comme une grande fille. Ma mère aussi a lu un texte qu’elle avait composé.  Je suis personnellement contente de l’avoir fait, car c’étais en quelque sorte un dernier hommage que je pouvais lui rendre.

Je me retiens à 2 mains pour ne pas faire d’éclats de voix au sujet des salons funéraires, des prix exhorbitants qu’ils soutirent aux familles endeuillées, et des moyens crasses qu’ils emploient pour aller chercher quelques centaines de dollars supplémentaires.  Ils ont l’air gentils, le café y est gratuit. Cependant, un enterrement  »de base », c’est un bon 6000$.  Yiaoutch! Quand on pense au vieillissement de la population, et aux principes de l’offre et de la demande, je n’ose même pas penser ce que ce sera dans une quinzaine d’années…

Aujourd’hui, maintenant que tout est fini, je ne peux que me dire que je suis contente pour grand-papa. Il a fini de souffrir, il a fini de s’ennuyer de grand-maman, morte il y a 11 ans. Il est parti tranquilement, sans chercher son souffle, sans paniquer. Il avait mangé du macaroni au fromage, au souper, il aimait ça. Bye, grand-papa!

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