Quand on vit des choses moins amusantes… Vaut mieux en rire!

L’école

Vendredi passé, c’étais la remise des bulletins. Je devais aussi rencontrer l’enseignante de Émile, pour la rencontre ”de routine”. Comme ça tombait une journée pédagogique, l’école était anormalement paisible. Bref, on s’entendait presque respirer.

Je me présentes au secrétariat une dizaine de minutes à l’avance. Cela semble complètement déboussoler la secrétaire qui doit être plus habituée aux parents retardataires que l’inverse. Je l’assures que je saurai patienter sagement, sans trop la déranger. Après seulement dix minutes de contemplation des collages d’enfants sur le mur devant la chaise décatie qui m’a été assignée comme poste d’attente, je suis appelée à me rendre dans la salle de classe de mon fiston, ou l’enseignante m’attends.

J’emprunte un escalier typique des écoles primaires datant du début du siècle. Et non, je ne parles pas ici du 21 eme siècle. Les marches, conçues pour des enfants sont très basses, on doit faire des demi-pas pour passer d’une marche à l’autre. Je remarques avec amusement qu’elles sont beaucoup plus usées sur les côtés, là ou des milliers d’enfants les ont gravies, s’accrochant aux rampes pour ne pas tomber. Je ne peux m’empêcher de me demander combien de petits pieds devront encore les fouler avant qu’elles ne soient complètement usées. Mes yeux se déplacent vers les murs jaunâtres qui furent de couleur blanche dans une période datant fort probablement d’avant ma naissance. Il y a quelques dessins et protos d’enfants pour toute décoration.

J’arrive dans la couloir du premier étage, là ou se trouve la salle de classe de Émile. J’y trouve des rangées de casiers, décorées des dessins et des noms des enfants qui les ont adoptés pour l’année. Entre chaque rangée de casiers se trouve la porte d’entrée d’une salle de classe. Elles sont toutes semblables, à la différence du matériel pédagogique affiché sur le mur, des dessins d’enfants et de la disposition des pupitres. Certains sont en rangées, d’autres en rond, d’autres, en duos. Toutes les classes sont munies de deux grands tableaux noirs, recouverts d’une mince couche de craie. Ça sent l’école. Il y règne un mélange d’ordre et de pagaille, un peu comme dans la chambre des enfants, quand ils ont fini de faire le ménage.

Nous y voilà, la classe de Émile. Je cherche son petit pupitre. Il ressemble à celui de tous ses amis, ni plus propre, ni plus sale. Je constate qu’il a changé de place depuis ma première visite de l’année. Noémie, qui m’accompagne s’asseoit au pupitre de son grand frère pour dessiner tranquillement pendant que je discutes avec l’enseignante.

Elle me remet le bulletin de mon fils qui est, ma foi, très acceptable. Les notes oscillent entre les 80-90% dans toutes les matières. C’est que Émile tient de son père en mathématiques et de sa mère en Français. C’est une grande chance pour lui que ce ne soit pas l’inverse qui se soit produit. La rencontre se termine rapidement, sur une bonne quantité de commentaires élogieux concernant ma progéniture.

Nous décidons, noémie et moi de passer au service de garde de l’école pour voir si Émile est revenu de sa sortie. Comme le corridor se ressemble d’un bout à l’autre, je me mets à la recherche du bon escalier. Je tombes sur un concierge, qui, semble t-il me présumes remplie d’intentions malsaines. Du moins, c’est ce que son ton indique. Il me demande s’il peut m’aider, et avant même que je n’aies réussi à terminer ma phrase confuse, décide que je cherches une salle de classe. Je décides de faire fi de ses conseils, avant qu’une flotte de sentiments négatifs ne m’assaillent, comme à chaque fois que je me retrouve mise en présence de ce type de personne, et décides que l’escalier devant moi est le bon. J’aurai passé pour une folle devant ce concierge, mais j,aurai gardé un peu du décorum requis dans une école, c’est toujours ça de gagné! Bingo! L’escalier choisi est le bon! Même s’il ne s’agit pas du même escalier qu’à l’arrivée, il est en tout points semblable à l’autre.

Je parviens au service de garde, la seule place dans l’école ou la peinture a des couleurs vivantes qui ne datent pas des années 1960. Les gens y semblent aussi moins suspicieux et franchement plus souriants que notre digne représentant de la conciergerie scolaire. Émile n’étant pas revenu de sa fameuse sortie, je quittes cet établissement, non sans jeter un coup d’oeil moqueur aux statuettes de petit garçon et de petite fille, respectivement installées devant les portes d’entrée autrefois indiquée pour chacun des deux genres. Ce symbole souvenir des années ou la religion catholique avait encore un certain pouvoir m’a un jour amenée à une discussion amusante avec Émile. Alors qu’il me demandait pourquoi sur une des portes il était écrit ”fille’, et sur l’autre ”garçon”, je lui expliquais que dans l’ancient temps (voire quand ses grands-parents étaient petits, hihihi), l’église ne voulait pas que les garçons et les filles soient ensemble dans la même classe, ni dans la cour d’école. Il en fut très étonné, et me demanda pourquoi. Je bafouillai un peu et lui dit que les curés avaient peur que les garçons et les filles aient envie de donner des becs et de se toucher s’ils étaient trop près l’un de l’autre. Émile me répondit (scandalisé): Han! Ben voyons! Je pense jamais à ça!!!!…..Ça viendra, fiston, ça viendra..

Moi je s’rais

Des enfants, quand ça joue, ça ne fait pas que répandre des bébelles aux quatre vents. Oh non! Ça apprend, ça développe sa motricité fine, mes amis. Souvent,  ça conjugue, aussi.

J’ai remarqué, en espionnant mes enfants qui jouaient dans le salon (pendant que j’essayais de lire sur le divan) que les temps de verbes au passé et au conditionnel sont carrément sur-exploités par les 4-12 ans s’adonnant à des jeux de rôle. Il y a aussi une abondance d’autres temps de verbes, mis semble- t-il au hasard ensemble et qui servent à exprimer des concepts plus ou moins réalistes.

Les ”on va dire que je s’rais” se font aller pas à peu près, ce qui m’amène à sourire, mais surtout à me demander pourquoi, diantre, n’y a t-il pas des notions de base en conjugaison dans les groupes de garderie?

Les (pénibles) devoirs

D’aussi loin que je me souviennes, faire mes devoirs n’a jamais été un grand plaisir.  Pourtant, lors que j’étais petite j’étais la seule à chialer. Maintenant, je chiale en choeur avec Émile. Lui, parce qu’il ne veut pas faire ses devoirs et moi… Parce que j’ai hâte qu’il les finisse!!!

Il y a parfois le fameux débat du pour ou contre les devoirs qui refait surface dans les médiats. PLusieurs parents sont contre ces travaux forcés qui scrappent le peu d’heures qu’ils peuvent passer en famille. D’autres affirment qu’avec les devoirs, les parents ont l’occasion de vraiment voir la progression de leurs enfants, de participer à leur éducation, de les valoriser.

Dans ce débat, difficile de trancher. Détestant les devoirs comme la peste, ayant peu de temps en surplus et voyant l’amour que fiston porte à la chose, je serais tentée de m’opposer à leur existence.  Parcontre, il est vrai que c’est avec les travaux à faire à la maison qu les parents ont la chance de voir la progression de leurs enfants autrement qu’écrit dans leur bulletin. Ça nous permet aussi de participer à leur enseignement, en apportant notre point de vue.

Si on se demande s’il y a trop de devoirs, là je répondrai OUIIIIIIIIII sans hésiter. Leçons, exercices, révision, corrections, ça n’en finit plus. Le soir, les enfants sont comme nous: Fatigués. Nous avons tous notre journée dans le corps et la vie passe trop vite pour la passer à faire des choses dictées, prescrites par d’autres.

Je vais vous avouer un secret: Je triche. Oui, oui, je triche. Quand je vois que fiston est bon dans un domaine, les maths par exemple, j’y vais plus mollo sur l’étude.  Je transformes aussi certains ”devoirs” en exercices plus amusants, histoire de faire la chose avec ce qui ressemble encore à un sourire.

Peut-être que mes amis professeurs voudront me lancer des roches pour mon aveu précédent, mais, pour ma défence, je me dis que des moments en famille plus épanouis valent bien quelques notes en moins.

Et vous, les devoirs, ça se passe comment par chez vous?

 

La photo d’école

Il est un fléau de début d’année scolaire qui est, à mes yeux, pire que la gastro, les poux ou les devoirs. J’ai nommé la photo scolaire. Ça revient pour sur à chaque année, ça coûte les yeux de la tête, et nos enfants n’y ont JAMAIS l’air naturels.

Comme si ce n’était pas suffisant, les garderies aussi se mettent de la partie. Nous recevons donc, dans la même semaine non une, mais 3 feuilles avec imprimé dessus la face de nos enfants, dans une pose plastique, figée, ou en train de dire seeeeeeeexe!, avec la liste des prix, les cossins additionnels qu’on peut se procurer avec la dite face de notre flot.

Attention, quand je parle de liste de prix, vous êtes mieux de prendre tout de suite une entente avec la banque pour rallonger votre hypothèque si vous tenez à acheter quoi que ce soit.  Pour 12$, on peut avoir un kit de 12 photos. Mais attention, la-dessus, il y en a deux moyennes-petites, deux petites et 8 sur lesquelles vous aurez peine à reconnaitre vos marmots tellement elles sont minuscules!

Vient avec ça les choix à faire. Payer ou non pour ces photos que l’on donnera comme des enragés à toute la famille (qui feront semblant de tripper au premier abord et qui se dépêcheront de les sacrer au fond de leur porte-monnaie et de les ressortir… quand vos marmots seront des grands-parents!)

Ensuite, la maudite photo de groupe.  Parfois elle est gratuite (au moins ça), parfois elle est 8 ou 10$. Ici dilemne. La prendre pour donner un souvenir d’enfance à nos marmots? Ou laisser faire et (peut-être) le regretter dans 20 ans? Personnellement, je me rappelle à peine du nom de la moitié des enfants qui étaient dans ma classe au primaire.

Il y a aussi le fait incontestable que de nos jours, avec l’apparition des caméras numérique, tous les parents ont facilement accès à des centaines de photos de leurs enfants, dans des situations, des endroits beaucoup plus représentatifs pour eux qu’un décor de photographe.  Ce sont, je crois, ces photos qui leur rappelleront le plus fidèlement leur enfance, leurs amis et le look vestimentaire différent de leur enfance.  Bref, je me demandes si, en 2010, la photo d’école, ce n’est pas rendu un peu… désuet.

La cellule de crise

Une maison ou grouillent plusieurs enfants est souvent comme une cellule de crise. Ça bouge  de partout, ça crie, y’a des choses éparpillées çà et là sur le plancher, de l’action, quoi! Ça peut même sembler intimidant pour un non-initié.

Une de mes amies qui a elle-même 2 enfants (plus jeunes) me confiait cette semaine être épuisée quand elle passait une heure chez moi. Je la comprends tellement, car moi aussi je le suis! Le seul moment ou la maison est calme, paisible est après le départ des enfants pour l’école, la garderie, le pays de morphée. Malgré cela, restent dans leur sillage les multiples jouets, bouts de papier (Malheur à moi, Lucas a commencé à tripper fort dans l’art du découpage de papier…), verres de lait à moitié bus, pelures de banane et compagnie.

Les faire ranger? Facile à dire. Oui, chaque jour, je leur fais ranger une partie de leur tendre bordel. Cela ne se fait pas sans lamentations des deux parties, mais cela se fait. Péniblement, leeeeeeentement, partiellement. Souvent, une récompense est exigée des enfants pour avoir offert leur (petite) contribution au ménage, comme si l’acte qu’ils viennent d’accomplir est héroique.

Il faut dire que la tâche est lourde. Ils réussissent à faire trainer plus de jouets qu’ils n’en ont, ce qui n’est pas peu dire. Pourquoi garder les 60 crayons prismacolor dans la boîte quand on peut les éparpiller un peu partout dans la maison? Peut-être parce que, dans le fond, mes enfants sont des maniaques de la chasse au trésor, qu’ils jubilent à l’idée de retrouver, aux endroits les plus inusités des jouets oubliés depuis déjà longtemps?

Il y a des animaux qui marquent leur territoire en laissant des trace d’urine un peu partout. Peut-être que mes enfants agissent similairement? Peut-être marquent-ils eux aussi leur territoire?

Plus j’y pense et plus je constate qu’il est inutile de trouver le sens profond du bordel familial. Mes enfants sont tout simplement traineux, comme je le suis. Au grand désespoir de papa!

Blogue négligé?

J’ai la nette impression d’avoir sérieusement négligé mon blogue ces derniers temps. Pas qu’il ne se soit rien passé dans la p’tite vie de famille, mais par manque de temps, et par une tentative de volonté de ne pas trop vouloir tomber dans le redondant.

Avec tout ce qu’on peut trouver comme blogue sur le net, il est plus que facile de se répéter les une les autres.  Ça devient lassant à la longue. Ce n’est pas ce que je veux faire. Pas que j’aie des prétentions d’originalité sans failles, mais j’ai toujours aimé essayer de sortir de la voie pré-tracée, bref, de me trouver ma voie à moi. Je n’y réussis pas tout le temps, entre autres parce que ma vie de famille ressemble à ce que la majorité des familles vivent, qu’un mot d’enfant est un mot d’enfant, qu’une crise de nerfs devant le rack à bonbons de l’épicerie est… pénible pour tous de manière égale!

Pour ne pas décevoir le fan club de Lucas, voici les nouvelles:

Il va bien, grandit, parle comme une p’tite machine à paroles, imite sa grande soeur à longueur de journée, apprivoise sa gastrostomie mais…. refuse encore et toujours de manger! Disons que j’ai hâte qu’il passe de gastrostomie à gastronomie.

Malgré sa petitesse, Lucas a du poumon. Quand il hurle, on l’entend. Inutile de feindre l’ignorance. J’ai essayé une fois. Noémie est venue à la rescousse de son p’tit frère, comme d’habitude! C’est que ces deux-là, ça se tient serré! Pas possible de prendre plus de 28 secondes avant de répondre à une demande de Lucas sans que Noémie y aille de son mode de pression. On a d’affaire à être efficace et à traiter Monsieur aux petits oignons!

La rentrée des classes

C’est dans une belle salade de sentiments que je remettrai demain mon plus vieux dans les mains de l’institution qu’est la CSDM.  Hé oui, les vacances sont déjà terminées… et on a survécu! En fait, on a plutôt eu un bel été, si on se donne la peine de faire le décomte.

C’est tout de même quelque chose, la rentrée scolaire. C’est des sous à dépenser, lors de l’achat de la faramineuse liste de crayons, cahiers canada, duo tang et autres babiolles scolaires. C’est aussi l’achat des cahiers à l’école, cahiers que nous ne reverrons qu’à la fin de l’année scolaire… inutilisés pour certains(!).  Il y a les vêtements pour l’année à venir, les souliers de course, etc etc etc. Heureusement, côté vêtements, je pouvais compter encore cette année sur ma montagne de linge entreposée çà et là chez moi.

La rentrée des classes, c’est aussi le recommencement des routines annuelles. Les lunch, qui doivent être conformes aux multiples règles de l’école, le tout dûement identifié. Les devoirs, desquels on ne comprend rien, soit à cause de la matière (un peu oubliée depuis le temps), ou des piètres explications du prof.

Le retour à l’école signifie aussi d’avoir à vivre avec la multitude de règlements que comporte une école, aussi charmante soit-elle. Arrivée pas plus tard que 8:05, travaux à signer, crayons spécifiques à fournir, surtout pas ce qui est moins cher (même si on sait pertinnement que fiston va gaspiller le 3/4 du dit crayon en trippant avec l’aiguisoir de la classe), vêtements identifiés, etc etc etc.

Dans les gros préparatifs pré-début d’année scolaire, ce qui prend le plus de temps est évidemment l’identification de tout le matériel. Je ne sais pas si vous le savez, mais une boîte de 16 crayons feutres, c’est looooooong à identifier. Je n’ai pas hâte qu’il soit rendu aux boîtes de 60 prismacolor!!! Une chance que mon fiston a un petit nom, et non un nom qui n’en finit plus de finir, comme Guillaume-Alexandre Boissonneau-Grandpré…

Mais avant tout, ce qui me marque le plus, à chaque début d’année, c’est les souvenirs que tout cela me rappelle. L’achat des cahiers, l’énervement du début, la joie (ou la déception) de savoir qui sera notre prof, nos copains de classe. Les amis que l’on retrouve après un été bien rempli, les p’tits lunch que Maman nous a préparé.

Ils ne connaissent pas la chance qu’ils ont…

Ma semaine de monoparentalité est enfin finie. Bref, Mat et Émile sont revenus de voyage hier soir. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé. Faut dire que j’ai des voisins, des amis hors du commum!

Tout ça m’a quand même fait réfléchir pas mal. Sur l’entraide, l’amitié, mais surtout sur ce que vivent des milliers de femmes qui, elles, n’ont pas de conjoint qui revient à la fin de la semaine pour prendre la relève.

La chose qui m’a le plus manqué cette semaine, c’est le sommeil. La médication de Lucas est la grande coupable, ainsi qu’une tendance malencontreuse à abuser des heures tardives pour m’adonner à la lecture, je l’avoues. Je n’ai pas manqué de nourriture pour mes petits, ni d’amis avec qui jaser, ce qui permet de se vider la soupape.

Je pense à ma voisine, seule avec ses 8 enfants. À toutes ces mamans qui n’avaient pas prévu de se ramasser avec 1, 2, 3 kids à s’occuper à plein temps, en plus d’assumer seule tous leurs besoins financiers. Je pense surtout aux mamans d’enfants malades, qui nécessitent plus de soins que la moyenne,  même plus que Lucas, et qui sont seules avec leur enfant.

S’il m’arrive de trouver éreintant de devoir continuellement administrer des médicaments, faire les soins de gastrostomie, d’aller à des rendez-vous à l’hopital,  de gérer la maladie de mon enfant dans tout ce que cela comporte, je peux me consoler d’une chose: Il y a, à mes côtés, une personne que j’aime, qui m’aime et qui partage tout cela avec moi. Quelqu’un à qui je n’ai pas besoin de demander d’aide, car c’est normal pour lui de s’impliquer dans les besoins de son p’tit.

La vie m’a gâtée dans l’essentiel: Oui, je vis des malheurs, mais j’ai l’incroyable privilège de les vivre excellente compagnie! Ce n’est pas rien!

Prendre une décision

Quand on est le parent d’un enfant malade, on se retrouve parfois confrontés à des dilemes, des décisions à prendre. On doit peser le pour et le contre, qui sont malheureusement souvent moins clair qu’on le pense dans le domaine de la santé. On doit aussi discuter avec l’autre parent, les médecins, et tous les autres intervenants qui ne demandent qu’à intervenir dans notre dosier.

Dans le cas de Lucas,  les décisions  se sont, jusqu’à date, prises spontanément, par logique. En fait, les deux seules décision qu’on a eues à prendre a été celle de mettre le tube dans son nez, et, par la suite, la pose de la gastrostomie. Cela s’est fait naturellement, car il était évident que ce qui primait avant, tout, c’était de le nourrir et de lui donner ses médicaments.

La décision de la gastrostomie a été plus difficile à prendre que celle du tube, parce que nous avions un peu le choix. En fait, c’est nous qui avons demandé au médecin de considérer cette option. Malgré le fait que cette voie impliquait une opération, des soins quotidiens, et un autre suivi à l’hopital, la gastrostomie s’imposait. Nous ne pouvions pas laisser Lucas vivre avec un tube dans le nez, que l’on devait installer régulièrement et qui lui irritait la gorge.

J’entretiens une relation d’amour/haine avec la gastrostomie. Bon, ok. le terme Amour est peut-être exagéré, mais c’est tout de même elle qui permet à Lucas de s’alimenter et de prendre ses médicaments. L’amour s’arrête là.  Le côté Haine est plus viscéral. Personne n’aime voir un trou dans le bedon de son bébé. Personne n’aime faire mal à son bébé, encore moins lui cautériser la peau. Nous vivons souvent des grands moments de crise intense à la maison, parce que Lucas n’a pas encore apprivoisé son tube. Il n’aime pas le voir, ni qu’on y touche.

Je me console en me disant que je n’ai pas à décider de la vie ou de la mort de mon enfant, comme certains parents ont eu un jour à le faire. Cette décision doit être atrocement déchirante.

Retour à la réalité

Ça fera bientot un an que la Cystinose est entrée dans nos vies. Un an de rendez-vous à l’hopital, de médicaments, de gouttes dans les yeux. Un an que Lucas est nourri par gavage. C’est à peine si je me souviens d’avant. C’est dire comment l’être humain peut s’adapter, malgré tout.

He oui, notre vie a beaucoup changé en un an. Plus que ce qu’on aurait voulu. Pas seulement pour le pire, parcontre. Lucas grandit, il marche, il parle, il va bien. Noémie et Émile aussi. Nous, aussi, même s’il nous arrive d’en avoir marre, d’être fatigués, tannés. Qui ne le serait pas?

Lucas esr présentement au Camp papillon. Un beau congé, offert par le département de Nephro de Sainte-Justine. Un gros 3 dodos sans médicaments, sans gavage, sans bébé. Lucas revient demain matin.

J’ai hâte de revoir mon petit bonhomme, mais la maladie, je l’aurais volontiers laissée en colonie de vacances pour.. disons… 25 000 ans! Vendredi, pour faire changement, on passe la journée en famille à l’hopital. Lucas se fera poser son nouveau modèle de gastrostomie, verra ses médecins. Par la suite, c’est la routine qui reprend; Enseignement des nouveautés à la gang de la garderie, boulot, medocs, dodo…  He oui… Les vacances sont belles et bien finies!!!

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