Je ne sais pas si ca se passe comme ça chez vous, mais chez moi, les enfants pratiquent carrément la loi du silence. Je ne parle pas du silence tant désiré lorsque, revenant du travail, un petit mal de tête se montre le bout du nez. Je parle du silence solidaire lors qu’un des membre de la fratrie a fait ce qu’il serait communément appelé une connerie.
Aujourd hui, la scène du crime: Le mur du salon ET le mur de la cage d’escalier (Soit dit en passant, pas des endroits qui sont facilement accessibles et atteignables par des petits doigts collants, ou une petite éclaboussure anodine de jus de fruits). L’arme du crime? Des pelures de raisins, collées un peu partout. Oui, vous avez bien lu. Nous demandons aux 3 suspects l’origine du délit, ainsi que le nom du coupable. Évidemment, nous avons eu droit à 3 enfants, aux grands yeux angéliques, fleurant bon l’innocence qui nous assuraient qu’à leur connaissance, personne n’avait commis ce crime odieux. Les raisins auraient-ils été des fruits kamikazes qui auraient commis un attentat suicide pour revendiquer leur droit à ne pas être mangés? Nous ne le saurons jamais.
Mais, comme dans la mafia, les petites trahisons, les délations ont aussi cours, histoire de sauver la peau du principal inéressé.
J’ai (toujours) 3 enfants. Ils grandissent. Vite. Ils apprennent aussi. (Trop) Vite. À 3 ans, Lucas a déjà des réflexes de grand. Qui a fait tomber le verre de jus? (Le verre de Lucas, alors que Lucas est le seul enfant présent dans la maison). Il répondra à coup sur: Émile! (Ou Wi-wi, si sa soeur a eu le malheur de ne pas être aussi cool que d’habitude avec lui.)
Noémie, est notre délatrice professionnelle. Avec elle, pas question qu’une (probable apparence) de désobéissance d’un de ses frères reste impunie. Un peu plus et elle nous signale, outrée, que Émile s’est pris un verre d’eau sans nous le demander. Vous auriez du voir sa tête la fois ou elle est venue ”stooler” un de ses frères et qu’elle s’est elle-même ramassé en pénitence car elle avait (encore) fait le porte-panier! Faut dire que d’entendre, 36 fois par jour : Mamaaaaaaaaaaaannnnnnn! C’est parce que Émile (Ou Roxane, ou Jonathan, ou Lucas, ou qui vous voudrez) a fait…………………………… Ça finit par plus que taper sur le système.
Ce qu’il y a de bien, avec la délation, c’est quand des consignes de sécurité sont enfreintes. Comme la fois ou Émile jouait avec des allumettes, par exemple. Nous avions grandement félicité Noémie de nous avoir avoir avertis de ce danger avant que quelque chose de grave ne se produise vraiment. Malheureusement, quand on a 5 ans, les réels dangers sont peut-être moins faciles à discerner des petites désobéissances?
En tant que parents, nous nous retrouvons parfois dans des situations paradoxales. Un exemple. Un des enfants (Émile) a brisé… un livre neuf, mettons. Nous ne savons pas qu’il est le coupable. Nous venons de faire un sermon de long en large à Noémie au sujet de la délation, lui disant que c’est mal de ”stooler” les autres, qu’elle ne se fera pas d’amis comme ça etc… Constatant le livre brisé, nous demandons (en colère) aux enfants, qui a fait cela. Personne ne répond. Nous les punissons tous les trois pour le livre brisé. Bref, l’art de détruire son propre discours en 28 secondes…
Pas faciles, la vie de parents!!!