Les joies du transport en commun font partie de la vie d’une bonne partie des montréalais. En tant que fidèle usagère de ce mode de transport urbain depuis belle lurette, je suis en mesure d’affirmer avec conviction qu’il existe deux époques distinctes . L’avant et l’après de la naissance de mes enfants.
Avant, jeune et insouciante, je me plaignais des retards d’autobus, de la surpopulation à l’heure de pointe, des enfants qui crient, bref, un peu comme tout le monde. Quand j’y repense, mon doux que je ne savais pas à quel point l’histoire me rattraperait et à quel point je découvrirais que mon malheur était risible à comparé de la période du APRÈS.
Les malheurs ont commencé lors de ma première gestation. Ma bedaine de grossesse avancée, bien camouflée par une morphologie bien arrondie, il n’était pas nécessairement clair pour le commun des mortels que je n’étais pas seulement qu’une fervente amatrice des petits gateaux vachon. Du moins, cela arrangeait fortement ceux et celles qui préféraient ignorer bassement mon état pour pouvoir continuer de lire tranquille leur journal confortablement installés sur le banc réservé aux personnes à mobilité réduite. Pourtant, il se trouvait toujours quelques perspicaces pour comprendre que ma démarche chaloupée cachait une grossesse bien avancée. Je remercies encore ces généreuses personnes du fond du coeur.
Émile naquit, dans le bonheur et l’émerveillement que justifie la libération de l’accouchement. C’est alors que je découvris avec stupeur que non seulement certaines personnes bien assises arrivaient à ignorer le bébé accroché à un sac sur mon ventre mais que, oh! Horreur! Les adroables cris de mon chérubin semblaient créer chez certains d’entre eux des réactions proches de l’énervement.
Émile grandit, Noémie suivit. Je me ramassai donc avec 2 enfants à trimballer en métro et en autobus. J’appris à maudire l’heure de pointe, l’hiver, et surtout, surtout, les imbéciles qui s’accrochent aux poteaux à l’avant de l’autobus, comme si leur vie en dépendait. Ils nous regardent avec leurs gros yeux quand on ose entrer dans l’autobus avec une poussette, mais ne tasseront jamais leur sac pour nous laisser aller vers le fond de l’autobus avec notre engin.
Je découvris vraiment ce que le terme ”vie dure” signifie lorsque lucas naquit. Pendant quelques mois, je vécus l’enfer de me trimballer avec les 3 petits dans le métro, et l’autobus et ce, à l’heure de pointe. Je sortais de la garderie complètement crevée, même s’il n’était que 9 heures du matin. Heureusement, on était en été, et Émile commença l’école 4 mois plus tard. Bref, le grand calvaire a été plutot éphémère, mais assez douloureux pour me faire détester le duo stm/enfants pour le restant de mes jours.
Malgré tout ce qui a été écrit jusqu’à maintenant, il y a des bons côtés à voyager avec des enfants. Oh oui, en grattant bien, on en trouve quelques uns. Par exemple, un peu avant Noel, j’étais avec Noémie et une dame est venue nous voir. Elle a demandé à Noémie si elle aimerait aller voir un spectacle de Mickey Mouse. Évidemment, No a dit qu’elle aimerait. La dame nous a alors donné 2 billets pour aller voir le spectacle gratuitement! De quoi me consoler pour quelques mois de calvaire en transport urbain!
Comment parler du métro sans mentionner les musiciens de métro? Je soupçonne certains d’avoir amélioré leur qualité de vie depuis que Lucas a découvert qu’on pouvait leur donner des sous. Depuis, plus moyen de s’approcher d’un métro sans que Lucas exige des sous!!! Il adore la musique, même mauvaise semble t-il! N’empèche que c’est charmant de le voir s’approcher, un peu hésitant des musiciens, de voir leur réaction (ils ont pas l’air de le trouver laid), et de voir Lucas leur garrocher, presqu’à la figure (l’enthousiasme aidant) les quelques pièces qu’il a réussi à me demander à grand coup de ”Veut des souuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus!!!!”. Il s’éloigne ensuite, presqu’à contre coeur, s’arrêtant pour se retourner, regarder encore un peu.
Ah! Métro, quand tu nous tiens!